J’écris douloureusement ton nom sur un écran.
40 milliards de pixels ne sont pas assez
Pour te nommer entièrement.
Je lèche et caresse chacun de ces
Caractères,
Carrés d’encre virtuelle.
Mon désir plus grand par la taille, mais
Ridicule par la force, se fait
Parasiter, à chaque seconde nouvelle.
Tu..lu..lu-lu-lu-lut…
Connexion au réseau…
Chut,
Plus de paroles, plus de mots.
L’infiniment grand se retrouve
Etre minuscule devant ces gigantesques lettres majuscules.
Blanche, elle me fait peur, je
La noircis alors
Des remous de mon esprit acéré, et la page
M’écrase et m’entasse dans un coin
Douillet de fatalité.
Forum saturé, plaie non suturée
Direction message
Et le miel de l’email aussitôt m’émerveille ;
Cependant,… Combien de temps ?...
Combien de nuits à veiller voudras-tu me garder
Me bichonner, m’astiquer puis me ranger dans
Un meuble correctement ciré ?
Connexion en cours…
La faiblesse estUne puce,
l’impuissance unComposant propre au système de faux-aimants,
Processeur qui a peur de son cœur.
Professeur qui a perdu son chœur.
Transfer in progress…
Où m’attends-tu, toi qui n’as pas d’antennes, comment
Espères-tu me repérer ? Suis-je
Résigné à appuyer, à envoyer, à répéter, à répéter, à répéter, à répéter, à répéter ?????
Echec de la connexion.
Je tape doucement mon nom sur un écran…